Chapitre 4.4 — Les skills de design
⏱️ TL;DR — Trois skills changent la donne côté design, et tu les as probablement déjà :
prototype(explorer plusieurs pistes d’UI jetables avant de s’engager),artifact-design(fondamentaux de design quand tu produis une page/artefact autonome), etdataviz(à lire avant de coder le moindre graphique). Elles ne remplacent pas ton système (tokens + primitives) : elles t’aident à décider et à explorer sans polluer le vrai code. On les détaillera en Partie 9 ; ici, on voit quand les mobiliser pour la cohérence.
🎯 Objectifs
- Savoir quand utiliser
prototype,artifact-design,dataviz. - Explorer des variantes d’UI sans dériver dans le vrai projet.
- Comprendre le lien entre ces skills et ton design system.
prototype — explorer avant de s’engager
Ta douleur « designs incohérents » vient parfois d’un manque en amont : tu fais coder la « bonne » UI du premier coup, tu la trouves moyenne, tu la retouches, et à force de retouches, elle diverge. La skill prototype propose l’inverse : construire un prototype jetable pour trancher une question de design avant de l’implémenter pour de vrai. Elle route entre deux modes :
- une app terminal jetable quand la question porte sur l’état / la logique métier ;
- plusieurs variantes d’UI basculables depuis une seule route, quand la question est visuelle.
L’intérêt anti-dérive : tu décides la direction sur des maquettes jetables, puis tu implémentes une version dans le vrai design system. Le vrai code ne sert pas de brouillon.
💡 Réflexe d’architecte — Le prototype est un brouillon assumé, hors du repo de prod. Ne le laisse pas se transformer en base du vrai code : sa valeur est de te faire décider vite, pas de produire du code à garder. Une fois la décision prise, on repart proprement dans le système.
artifact-design — les fondamentaux quand tu produis une page
Quand tu génères une page ou un artefact autonome (une landing, un rapport HTML, un dashboard one-shot), tu n’as pas forcément ton design system sous la main. La skill artifact-design apporte les fondamentaux (hiérarchie, espacement, typographie, thème clair/sombre, responsive) pour que le résultat soit soigné et cohérent en lui-même. À charger avant d’écrire la page, pas après.
Le lien avec la cohérence : même hors de ton projet, elle t’évite le « chaque artefact a son style au hasard ». Et les principes qu’elle rappelle (tokens, hiérarchie, contraste) sont exactement ceux de ton design system — elle renforce tes réflexes.
dataviz — avant tout graphique
Dès qu’il y a un graphique (courbe, barres, KPI, sparkline, heatmap), la cohérence visuelle a ses propres règles (palette catégorielle accessible, choix de la forme, axes, légende). La skill dataviz est à consulter avant d’écrire la première ligne de code de graphe, quel que soit le support (SVG, Recharts, un artefact…). Elle t’évite les pièges classiques (palette illisible, camemberts à 12 parts, double axe trompeur) et donne une méthode reproductible.
⚠️ Piège — Attendre d’avoir codé un graphique « à l’instinct » pour se demander s’il est lisible. Ces skills sont des skills d’amont : leur valeur est de cadrer avant. Après coup, tu répares ; avant, tu fais bien du premier coup.
Et les skills communautaires
L’écosystème regorge de skills orientées front (par ex. une skill frontend-design circule dans des collections de skills d’ingénierie). On verra en Partie 9 comment les évaluer et les installer. Le principe reste : une skill de design t’aide à décider et cadrer, elle ne remplace ni tes tokens ni tes primitives — qui, eux, garantissent la cohérence du vrai code dans la durée.
🧭 Sur TaskFlow — Pour l’écran « tableau de bord » de TaskFlow (avec ses petits indicateurs), on consultera
datavizavant de coder les graphes, et on pourrait passer parprototypepour choisir la disposition des colonnes de tâches (kanban ? liste ?) avant de l’implémenter dans nos primitives. Décider dehors, implémenter proprement dedans.
✏️ Exercices
Exercice 1 — Prototype une décision. Prends une question d’UI ouverte de ton projet (disposition d’un écran, deux styles de carte). Lance prototype en mode variantes, choisis-en une, puis implémente-la proprement dans ton système.
✅ Solution
Le livrable clé n’est pas le prototype (jetable) mais la décision qu’il t’a permis de prendre + l’implémentation propre qui suit. Si tu te surprends à vouloir « garder » le prototype comme base de prod, rappelle-toi qu’il n’utilise pas ton design system : repars du système.
Exercice 2 — dataviz d’abord. Avant ton prochain graphique, lis/charge dataviz et applique sa méthode (forme, palette accessible, axes). Compare avec ce que tu aurais fait « à l’instinct ».
✅ Solution
Les différences fréquentes : une palette catégorielle vraiment distinguable (y compris en daltonisme), le bon type de graphe pour la question, une légende et des axes lisibles. La skill transforme un graphe « à peu près » en graphe qui communique — et cohérent avec tes tokens.
🧠 Quiz de révision
1. À quoi sert la skill prototype pour la cohérence ?
prototype pour la cohérence ?À explorer des variantes jetables et décider une direction d’UI avant de l’implémenter, pour que le vrai code ne serve pas de brouillon (source de dérive). On décide dehors, on implémente proprement dedans.
2. Quand mobiliser artifact-design ?
artifact-design ?Quand tu produis une page/artefact autonome (landing, rapport, dashboard one-shot), pour appliquer les fondamentaux (hiérarchie, espacement, typo, thème, responsive) et éviter un style au hasard. À charger avant d’écrire la page.
3. Pourquoi lire dataviz AVANT de coder un graphe ?
dataviz AVANT de coder un graphe ?Parce que c’est une skill d’amont : elle cadre la forme, la palette accessible, les axes. Après coup on répare ; avant, on fait bien du premier coup. Elle évite les pièges (palette illisible, mauvais type de graphe).
4. Ces skills remplacent-elles tokens et primitives ?
Non. Les skills aident à décider/explorer/cadrer ; ce sont les tokens et primitives qui garantissent la cohérence du vrai code dans la durée. Les deux sont complémentaires.
5. Que faire du code produit par prototype ?
prototype ?Le considérer jetable : il ne repose pas sur ton design system. On en tire une décision, puis on implémente proprement dans le système. Ne pas le promouvoir en base de prod.
Chapitre suivant : Atelier — le design system de TaskFlow — tokens, primitives et garde-fous en pratique.