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Chapitre 5.2 — Gérer le contexte

⏱️ TL;DR — Le contexte (1.3) est ta ressource critique : un contexte propre = un agent net. Trois leviers pour le maîtriser : la compaction (l’agent résume le passé automatiquement quand ça sature), le /clear (tu repars propre quand la tâche change), et le /handoff (tu condenses une session en document de reprise pour continuer ailleurs, ou plus tard, sans traîner tout l’historique). Règle d’or : une intention par session. Quand tu changes de sujet, tu changes de contexte.

🎯 Objectifs

  • Reconnaître un contexte pollué et ses effets.
  • Utiliser /clear au bon moment.
  • Condenser une session avec /handoff.
  • Adopter la discipline « une intention par session ».

Les symptômes d’un contexte pollué

Tu les connais maintenant, apprends à les repérer en direct :

  • l’agent oublie une contrainte donnée plus tôt ;
  • il ré-explore un fichier qu’il a déjà lu ;
  • il mélange deux tâches (des restes de la précédente contaminent la nouvelle) ;
  • ses réponses deviennent plus lentes / moins nettes.

Ces signaux disent : le contexte est saturé de bruit. La réponse n’est pas de prompter plus fort — c’est de nettoyer.

Compaction : automatique, mais pas magique

Quand la fenêtre se remplit, Claude Code compacte : il résume l’historique pour continuer sans perdre le fil. Utile, mais le résumé perd du détail : après compaction, une nuance donnée il y a longtemps peut s’être diluée. Deux conséquences pratiques :

  • Ne compte pas sur un détail enfoui pour survivre à une longue session. Ce qui doit durer va dans un artefact (CLAUDE.md, doc, code, commit) — pas dans la conversation.
  • Après une grosse compaction, re-cadre brièvement si tu enchaînes une tâche exigeante.

💡 Réflexe d’architecte — La conversation est volatile ; le disque est durable (1.1). Chaque fois qu’une décision compte, écris-la quelque part de persistant avant qu’une compaction la dilue. « Je l’ai dit dans le chat » n’est pas un lieu de stockage fiable.

/clear : repartir propre

/clear vide le contexte de la session. C’est le geste à faire quand tu changes d’intention :

# fini le CRUD des tâches, je passe à l'auth /clear

Pourquoi c’est bénéfique et pas une perte : les restes de la tâche précédente ne t’aident pas sur la suivante — ils la polluent. Un /clear + un prompt net (avec ancrages) démarre la nouvelle tâche à froid, dans les meilleures conditions.

⚠️ Piège — Enchaîner cinq tâches sans rien vider « pour garder le fil ». Le fil que tu gardes est surtout du bruit : à la tâche 5, l’agent traîne les tâches 1 à 4. Sur des tâches indépendantes, /clear entre chacune améliore la qualité. Le « fil » utile, lui, est déjà dans le CLAUDE.md et le code.

/handoff : condenser pour continuer

Parfois tu veux continuer un travail — dans une nouvelle session, un autre jour, ou le passer à un agent/collègue — sans traîner tout l’historique (et sans le perdre non plus). La skill /handoff condense la conversation en un document de reprise : ce qui a été fait, ce qui reste, les décisions prises, les pièges rencontrés.

Usage typique :

  • session devenue longue et chargée → /handoff produit le résumé → tu ouvres une session fraîche avec ce document comme point de départ ;
  • fin de journée sur une tâche en cours → le handoff est ta reprise de demain ;
  • passage de relais → le handoff donne à l’autre exactement l’état utile.

C’est la version « session de travail » de la persistance : au lieu de compter sur le contexte, tu cristallises l’état dans un artefact réutilisable.

📚 Aller plus loin/handoff est une des skills que tu as probablement déjà installées. On reviendra sur les skills de productivité (handoff, zoom-out…) en Partie 9. Retiens ici son usage anti-pollution : condenser plutôt que traîner.

La discipline « une intention par session »

Le principe qui chapeaute tout : une session = une intention. Tant que tu travailles sur le même objectif (avec ses sous-tâches), tu gardes le contexte. Dès que tu changes d’objectif, tu nettoies (/clear) ou tu ouvres une session fraîche. Et pour les grosses sous-tâches parasites (analyser un log, explorer une lib), tu délègues à un subagent (Partie 8) qui a son propre contexte — ta session principale reste focalisée.

🧭 Sur TaskFlow — Le CRUD des tâches (5.5) tiendra dans une session focalisée. Quand on passera à l’auth (plus tard), on /clear. Et si, au milieu, il faut décortiquer un message d’erreur Prisma obscur, on le confiera à un subagent pour ne pas noyer la session du CRUD.

✏️ Exercices

Exercice 1 — Repère la pollution en direct. Sur une longue session, dès que tu sens l’agent « moins net », demande-lui de résumer son contexte et ce qui est superflu. Décide : continuer, /clear, ou /handoff ?

✅ Solution

Si le superflu domine (sorties verbeuses, tâche précédente encore présente), /clear puis re-cadre. Si tu veux reprendre plus tard un travail en cours, /handoff. Si c’est juste un peu chargé mais toujours sur la même tâche, continue — la compaction s’en occupera. Le bon geste dépend de : change-t-on d’intention ?

Exercice 2 — Handoff de fin de journée. À la fin d’une vraie session en cours, lance /handoff. Le lendemain, démarre une session fraîche à partir du document. Repars-tu plus vite qu’en « scrollant » l’ancienne session ?

✅ Solution

En général oui : le handoff te donne l’état utile (fait / reste / décisions / pièges) sans le bruit. Tu démarres sur un contexte propre et informé, au lieu de recharger une session polluée. C’est la persistance appliquée au travail en cours.

🧠 Quiz de révision

1. Cite deux symptômes d’un contexte pollué.

Par exemple : l’agent oublie une contrainte donnée plus tôt, et il mélange deux tâches (restes de la précédente). Aussi : ré-exploration de fichiers déjà lus, réponses moins nettes.

2. Qu’est-ce que la compaction, et sa limite ?

Un résumé automatique de l’historique quand le contexte sature. Limite : le résumé perd du détail. Donc ce qui doit durer va dans un artefact persistant, pas dans la conversation.

3. Quand faire /clear ?

Quand tu changes d’intention/de tâche. Les restes de la tâche précédente polluent la suivante ; un /clear + prompt net démarre à froid, mieux.

4. À quoi sert /handoff ?

À condenser une session en document de reprise (fait / reste / décisions / pièges) pour continuer ailleurs, plus tard, ou passer le relais — sans traîner tout l’historique ni le perdre.

5. Que dit la discipline « une intention par session » ?

Garder le contexte tant qu’on travaille sur le même objectif ; nettoyer (/clear/nouvelle session) au changement d’objectif ; déléguer les grosses tâches parasites à un subagent au contexte isolé.


Chapitre suivant : Permissions & sécurité — élargir l’autonomie de l’agent sans se blesser.