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Chapitre 5.1 — Prompting efficace

⏱️ TL;DR — Un bon prompt d’exécution tient en trois ingrédients : objectif (quoi + pourquoi), ancrages (où regarder, quel modèle suivre), critère (comment on saura que c’est fini). Pas besoin d’art oratoire : un prompt clair ressemble à un bon ticket. Et quand ça ne va pas, tu ne « re-promptes » pas dans le vide — tu corriges par le feedback ciblé, en pointant l’écart précis, pas en répétant « non, mieux ».

🎯 Objectifs

  • Structurer un prompt d’exécution (objectif / ancrages / critère).
  • Donner un feedback correctif utile plutôt que vague.
  • Doser le détail selon l’enjeu.
  • Éviter les formulations qui font diverger l’agent.

Les trois ingrédients

OBJECTIF : ajoute la suppression d'une tâche (avec confirmation). ANCRAGES : suis le pattern de src/features/tasks/actions.ts (createTask) ; UI comme les autres actions de TaskItem.tsx. CRITÈRE : la tâche disparaît de la liste, un test couvre deleteTask, npm test + build verts.
  • Objectif : le quoi et, si utile, le pourquoi (le pourquoi aide l’agent à faire les bons arbitrages).
  • Ancrages : les fichiers/patterns à imiter. C’est ce qui garantit la cohérence (rappel P4) : l’agent ne réinvente pas, il suit.
  • Critère : la condition de fin observable. Sans elle, l’agent ne sait pas quand s’arrêter.

Ce n’est pas plus long qu’une demande floue — c’est juste structuré. La plupart des mauvais résultats viennent d’un prompt à qui il manque un des trois (surtout le critère).

💡 Réflexe d’architecte — Si tu ne sais pas écrire le critère, c’est que toi n’as pas défini « fini ». L’agent ne peut pas être plus clair que toi. Prends 15 secondes pour formuler la condition de succès avant de lancer — c’est le meilleur investissement de prompt qui soit.

Le feedback correctif (quand ça part de travers)

L’agent a produit quelque chose d’imparfait. Le mauvais réflexe : « non, refais » ou « ce n’est pas ce que je veux ». Ça ne dit pas quoi corriger → l’agent tâtonne. Le bon réflexe : pointer l’écart précis.

Feedback vague (mauvais)Feedback ciblé (bon)
« c’est pas ça »« le statut doit être un enum, pas une string »
« fais mieux le design »« utilise bg-surface-2 pour la carte, pas du blanc en dur »
« y’a un bug »« deleteTask ne revalide pas la liste après suppression »
« trop compliqué »« inline cette fonction, elle n’est utilisée qu’ici »

Un feedback ciblé transforme un aller-retour flou en une correction nette. Tu joues le rôle de la couche « rattraper » (3.3) — mais en désignant l’écart, pas en espérant qu’il devine.

⚠️ Piège — Empiler les « re-fais » sans préciser : chaque tour pollue le contexte (5.2) et l’agent oscille. Après deux allers-retours vagues, arrête, /clear si besoin, et repars avec un prompt précis intégrant ce que tu as appris. Mieux vaut un redémarrage net que dix corrections floues.

Doser le détail

Le niveau de détail suit l’enjeu (rappel de 2.1) :

  • Tâche triviale (« renomme ce champ partout ») → objectif + critère, c’est tout.
  • Tâche structurante (« conçois la couche d’auth ») → plan mode + ancrages + contraintes détaillées.

Ni sur-spécifier une bricole, ni sous-spécifier une décision d’archi.

Les formulations qui font diverger

Quelques tournures à éviter, parce qu’elles ouvrent la porte à l’improvisation :

  • « Améliore ça » — améliore selon quel critère ? → nomme l’axe (perf ? lisibilité ? a11y ?).
  • « Rends ça plus propre » — intranchable → dis ce qui te gêne concrètement.
  • « Fais comme il faut » — délègue le jugement → pointe le pattern à suivre.
  • « Ajoute tout ce qui manque » — invite au scope creep → liste ce qui manque, ou demande d’abord un plan.

🧭 Sur TaskFlow — Dans l’atelier 5.5, chaque étape du CRUD sera un prompt à trois ingrédients, avec des ancrages vers le fichier précédent (« comme createTask »). Tu verras la cohérence tenir parce que chaque prompt ancre sur l’existant, pas malgré l’agent.

✏️ Exercices

Exercice 1 — Les trois ingrédients. Prends une tâche réelle. Écris-la en objectif / ancrages / critère. Vérifie que le critère est observable (test, écran, build), pas subjectif.

✅ Solution

Un bon prompt a les trois blocs et un critère binaire (« le test X passe », « l’écran fait Y »). S’il te manque les ancrages, l’agent risque de réinventer ; s’il te manque le critère, il ne saura pas s’arrêter. Le pourquoi dans l’objectif est un bonus qui améliore ses arbitrages.

Exercice 2 — Reformule un feedback vague. Reprends un échange où tu as dit « non, pas ça ». Réécris ton feedback en désignant l’écart précis. Note la différence de convergence.

✅ Solution

Le feedback ciblé (« le statut doit être un enum ») résout en un tour ce que « c’est pas ça » faisait tourner en rond. La règle : décris l’écart observable entre ce que tu voulais et ce que tu as. Si tu n’y arrives pas, c’est peut-être ton critère initial qui était flou.

🧠 Quiz de révision

1. Quels sont les trois ingrédients d’un bon prompt d’exécution ?

Objectif (quoi + pourquoi), ancrages (fichiers/patterns à suivre), critère (condition de fin observable). Structuré, pas long.

2. Pourquoi les ancrages sont-ils essentiels à la cohérence ?

Parce qu’ils disent à l’agent quoi imiter (« comme createTask »), l’empêchant de réinventer un pattern différent. C’est le prompting au service du design system de la Partie 4.

3. Que faire au lieu de « non, refais » ?

Donner un feedback ciblé : désigner l’écart précis (« le statut doit être un enum »). Ça transforme un aller-retour flou en une correction nette et évite de polluer le contexte.

4. Après deux corrections vagues sans progrès, quel réflexe ?

Arrêter, /clear si le contexte est pollué, et repartir avec un prompt précis intégrant ce que tu as appris. Un redémarrage net bat dix corrections floues.

5. Pourquoi « améliore ça » est-il un mauvais prompt ?

Parce qu’il est intranchable : améliorer selon quel axe ? On nomme l’objectif (perf, lisibilité, a11y) et, idéalement, le critère de succès. Sinon l’agent improvise une direction.


Chapitre suivant : Gérer le contexte — garder l’agent net sur une longue session.